Déclaration

Pour en finir avec la logique de guerre et de domination !

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DÉCLARATION CONJOINTE CONTRE LA GUERRE ET LE MILITARISME

Montréal, 21 novembre 2010. Le Sommet populaire contre la guerre et le militarisme, qui s’est tenu à Montréal en fin de semaine et auquel ont participé 225 personnes, rend aujourd’hui publique une déclaration conjointe déjà endossée par plus de 70 organisations de tous les horizons de la société.

Alors même que les dirigeants du Canada et des autres pays membres de l’OTAN, réunis en sommet à Lisbonne, ont décidé de prolonger la guerre en Afghanistan jusqu’en 2014 et même après – à l’encontre de la volonté de leurs populations – les participants et participantes au Sommet ont réitéré la demande du retrait immédiat des troupes canadiennes de l’Afghanistan et, de plus, exigé le retrait du Canada de l’OTAN, une alliance guerrière et antidémocratique, comme ses plus récentes décisions l’ont encore démontré.

Lors de la conférence d’ouverture, Jean Bricmont, auteur de l’ouvrage « L’impérialisme humanitaire », a déconstruit le discours qui cherche à légitimer l’ingérence militaire unilatérale des grandes puissances en Afghanistan et ailleurs au nom de la défense des droits de la personne et de la démocratie. Pendant toute la journée du samedi, les discussions ont porté sur les enjeux qui se posent au mouvement anti-guerre et ont dégagé des pistes d’action sur le recrutement dans les établissements scolaires, l’environnement, les dépenses militaires, les droits des femmes, l’aide internationale et les armes nucléaires.

Au terme du Sommet, le Collectif Échec à la guerre s’est engagé à poursuivre son travail dans les prochains mois afin d’augmenter le nombre de signataires de la Déclaration dans tous les secteurs de la société. Madame Suzanne Loiselle, porte-parole du Collectif, a déclaré que « face au virage militariste des dernières années, les organisations signataires de la Déclaration réclament la tenue d’un vaste débat public sur la politique étrangère canadienne et le rôle de l’armée canadienne ».


En tant qu’organismes québécois voués à la défense et à l’élargissement des droits civils et politiques,
économiques, sociaux et culturels, ici et partout dans le monde,

En tant que citoyennes et citoyens du Québec épris de paix et de justice et soucieux de développer des
relations internationales de coopération fondée sur l’égalité et la solidarité,

1. NOUS SOMMES INDIGNÉ-ES

• de la spirale guerrière et antidémocratique dans laquelle le Canada s’enfonce de plus en plus ;

• de la participation du Canada, depuis octobre 2001, à une guerre d’occupation en Afghanistan qui sème mort
et destruction sous prétexte de lutte pour la démocratie, la sécurité et les droits des femmes dans ce pays et qui
s’étend maintenant au Pakistan ;

• du vote du Parlement canadien prolongeant cette intervention au moins jusqu’en juillet 2011, à l’encontre de la
volonté de la majorité de la population ;

• de l’allocation à cette logique guerrière de fonds publics sans cesse croissants (au Canada seulement, 58
millions de dollars par jour en 2009-2010) au détriment des dépenses sociales et d’une véritable aide au
développement ;

• de la complicité du Canada avec la torture, tant celle des Afghans faits prisonniers dans les combats que celle
de certains citoyens canadiens dans des prisons étrangères ;

• de la militarisation de la société canadienne qui engendre l’augmentation de la violence, notamment envers les
femmes ;

• de la campagne de peur axée sur une menace terroriste exagérée pour justifier la guerre et plusieurs mesures de
surveillance et de répression qui érodent nos droits et libertés ;

• de l’omniprésence des activités de relations publiques de l’armée canadienne dans les grands événements
sportifs, sociaux et familiaux et de leurs campagnes de recrutement dans les institutions d’enseignement jusque
dans les écoles primaires ;

• des conséquences socio-environnementales de plus en plus graves des guerres et des entraînements militaires ;

• de la militarisation croissante de l’Arctique, qui va de pair avec des projets économiques néfastes pour
l’environnement et la négation des droits des peuples autochtones.

2. NOUS DÉNONÇONS LES « VA-T-EN-GUERRE » ICI MÊME AU CANADA

• les gouvernements canadiens successifs, libéraux et conservateurs, qui nous ont entraînés dans cette
dynamique et ont justifié la guerre avec des faux arguments ;

• les grands milieux d’affaires – Conseil canadien des chefs d’entreprises en tête – qui n’y voient que des
occasions de profits, notamment pour l’industrie militaire ;

• les partis politiques qui mettent en œuvre des politiques guerrières ou qui ne s’y opposent que du bout des
lèvres ;

• les grands médias qui véhiculent peu l’opposition de la majorité de la population à la guerre et ne présentent
pas ses conséquences tragiques pour les populations civiles.

3. NOUS REJETONS CATÉGORIQUEMENT le faux discours de la « guerre contre le terrorisme »
et l’implication militaire, directe ou indirecte, du Canada aux côtés des États-Unis dans le cadre d’une
politique visant à étendre leur hégémonie à l’ensemble de la planète et caractérisée par :

• plusieurs guerres déclenchées et menées en violation du droit international, dont le droit humanitaire
international : Kosovo en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003, Liban en 2006, Gaza en 2009 ; et d’autres
appréhendées, contre l’Iran et la Corée du Nord, que l’on menace même de frappes nucléaires ;

• le détournement du Conseil de sécurité qui ne condamne ni ces agressions illégales, ni les crimes de guerre
qu’elles entraînent, ni les projets flagrants de mainmise étrangère mis en œuvre par les agresseurs à l’encontre
du droit international ;

• l’élargissement provocateur de l’OTAN vers l’Est et sa double transformation en tant que bras armé de
l’hégémonie étasunienne intervenant partout dans le monde et en tant que mandataire de l’ONU, jetant ainsi
un profond discrédit sur l’ONU aux yeux de l’opinion publique mondiale ;

• les menaces et les plans de déstabilisation à l’égard de certains pays qui refusent de se soumettre au « Nouvel
ordre mondial » imposé par les États-Unis ;

• la relance d’une course aux armements, y compris le développement de nouvelles armes nucléaires et une
militarisation accrue de l’espace.

4. NOUS APPELONS LA POPULATION QUÉBÉCOISE À SE MOBILISER pour contribuer à
renverser cette dynamique mondiale destructrice en exigeant
du Gouvernement du Canada :

• le retrait immédiat des troupes canadiennes de l’Afghanistan ;

• la réduction importante des dépenses militaires et la tenue d’un vaste débat public sur la politique étrangère
canadienne, le rôle de l’armée, l’industrie militaire et le commerce des armes ;
• la fin du partenariat militaire avec les États-Unis, y compris le retrait du Canada de l’OTAN ;

• la fin de son discours d’instrumentalisation des droits des femmes et de promotion de la « responsabilité de
protéger » pour justifier la guerre et la condamnation ferme de toute intervention non conforme au droit
international ;

et de la communauté internationale :

• le renouvellement démocratique de l’ONU, notamment par le respect intégral de sa Charte, le renforcement
du rôle de l’Assemblée générale et une réforme en profondeur du Conseil de sécurité dont l’abolition du droit
de veto ;

• l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU concernant l’implication des femmes
dans la prévention et le règlement des conflits ainsi que les processus de paix.

21 novembre 2010

Signataires de la Déclaration

Action Autonomie
Alternatives
Les Artistes pour la paix
L’Association Bel Agir, chapitre de Québec
L’Association des religieuses pour la promotion des femmes (ARPF)
L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
L’Autre Parole (Collective de femmes chrétiennes et féministes)
ATTAC-Québec
Base de paix de Montréal
Le Caucus des ÉtudiantEs de l’UQTR
Le Centre d’organisation mauricien de services et d’éducation populaire (COMSEP)
Le Centre de F.A.M. des Moulins
Le Centre de femmes Avec des Elles
Le Centre de femmes l’Essentielle
Le Centre de femmes l’Étincelle
Le Centre de femmes Mieux-Être de Jonquière
Le Centre de recherche sur la mondialisation
Le Centre de ressources sur la non-violence
Le Centre de Spiritualité Manrèse
Le Centre Halte-Femmes Montréal-Nord
Le Centre Justice et Foi
Le Collectif de Québec pour la paix
Le Comité d’action internationale du Syndicat des professeur-e-s du Cégep de Trois-Rivières
Le Comité de logement de Trois-Rivières
Le Comité de Solidarité/Trois-Rivières
Le Comité Solidarité Internationale du CEGEP du Vieux Montréal
Le Conseil canadien des femmes musulmanes, chapitre de Montréal
Le Conseil central du Montréal métropolitain (CSN)
Le Conseil régional FTQ Montréal métropolitain
Engagement citoyen africain – Fondation internationale d’appui au développement
L’Entraide missionnaire
La Fédération des femmes du Québec
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ)
Femmes en Mouvement, le Centre de femmes de la MRC Bonaventure en Gaspésie
Les Filles de la Sagesse du Canada
Le Forum des femmes de Montréal
Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ)
Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Le Groupe Samidoun
Le Groupe Solidarité Justice (Congrégation de Notre-Dame)
L’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil
La Ligue des droits et libertés
La Maison populaire de Joliette
Le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ)
Le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale
Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ)
Le Parti Rhinocéros du Canada
Pax Christi Montréal (Antennes de paix)
Project Ploughshares, Montréal
Québec solidaire
L’R des centres de femmes du Québec
Religions pour la Paix – Québec
Le Réseau des femmes des Laurentides
Le Réseau québécois des groupes écologistes
La section canadienne de WILPF (Women’s International League for Peace and Freedom)
Le Service Intercommunautaire d’Animation Franciscaine (SIAF)
Les Sœurs Auxiliatrices
Les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres
Les Sœurs de Sainte Croix
Les Sœurs de Sainte-Croix (Résidence Le Mans)
Les Sœurs de St-Joseph de St-Vallier
Solidarité Ahuntsic
Solidarité Laurentides Amérique centrale (SLAM)
Solidarité populaire Estrie
Le Syndicat de l’enseignement du Cégep André-Laurendeau (SECAL)
La Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM)
La Table régionale des centres de femmes de Montréal métropolitain-Laval

La Déclaration est également appuyée par les organisations suivantes :

Canadian Peace Alliance
Canadian Peace Congress
Committee for the Defence of the Iranian People’s Rights
Comox Valley Peace Group
Manitoba Peace Council
Religions for Peace – Canada
Windsor Peace Coalition