Au Népal, le chef des maoïstes devient premier ministre

, par Le Monde

Le chef des maoïstes du Népal, Prachanda, a été élu premier ministre par l’Assemblée constituante de la nouvelle République, vendredi 15 août, plus de deux mois après l’abolition de la monarchie. Prachanda « le Redoutable » a obtenu les voix de 464 parlementaires contre 113, a indiqué le président de la Constituante, Subash Nemwang. Depuis la victoire des maoïstes lors de l’élection de cette assemblée en avril et la transformation fin mai de l’unique monarchie hindouiste au monde, vieille de 240 ans, en une République fédérale, la classe politique ne parvenait pas à se doter d’un nouveau gouvernement.

« Les mois d’impasse politique s’achèvent », s’était félicité jeudi soir le leader maoïste Prachanda, « le Redoutable », en déposant sa candidature pour le scrutin. Son parti dispose de 227 sièges, soit plus du tiers de l’Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution républicaine. Au total, 595 parlementaires siègent dans cette chambre et, pour être élu, le premier ministre devait recueillir au moins 298 voix. Après des mois de tractations, les maoïstes ont scellé un pacte avec le Parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié (centre gauche), qui dispose de 108 sièges. « Nous allons avoir une majorité des deux tiers pour conduire le gouvernement », a assuré Prachanda.

La seule opposition viendra de l’ancien premier parti, le Congrès (centriste), dirigé par le premier ministre démissionnaire, Girija Prasad Koirala. « Nous resterons dans l’opposition et jouerons un rôle constructif pour que le processus de paix reste sur ses rails », a promis Arjun Narsingh Khatri Chettri, porte-parole du parti du Congrès. En avril 2006, tous les partis s’étaient alliés aux maoïstes dans des manifestations démocratiques, forçant le roi Gyanendra à renoncer au pouvoir absolu qu’il s’était arrogé en février 2005. Le 21 novembre 2006, ces forces avaient scellé un accord de paix historique après plus de dix ans de guerre civile, au prix de 13 000 morts et d’une économie ruinée dans ce pays pauvre de l’Himalaya enclavé entre l’Inde et la Chine.

P.-S.

* LEMONDE.FR avec AFP | 15.08.08 | 16h41 • Mis à jour le 15.08.08 | 16h41.

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